Sur l'autre e-mail, et sur ta lettre, (courriel à Christian Mistral:) p.21.
Basduck terminé
http://www.basduck.blogspot.com/
(2004-2009)
« Il faut aimer beaucoup. » -Tchekov.
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Courriel, 1 :
Bon, je suis pas sûr que ça va avoir du sens, et je suis même pas sûr s'il faut qu'il y en aille, mais voilà, je voulais te dire...
non, pas que je suis désolé ^ ^, plutôt qu'il me faille avoué que je suis passé à autre chose. Un prof d'université m'avait déjà fait remarquer que je disais une chose, pis que j'étais déjà passé à autre chose après...
toujours est-il que dans l'autobus du retour, je me suis dit : ben voilà, il me va falloir trouver un point de rencontre, si je veux pas qu'il m'abandonne;
ou que, plutôt, je l'abandonne...
Ce que j'ai trouvé, mais avant.
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Je passais dans la rue, avec vaguement le sentiment de regarder sans voir. Ce qui fait en sorte que je vous aurais croisé, toi ou Maxime, et que j'aurais pas trouvé d'autre chose à dire, que : (mise en scènce)
l'Un : Salut, ça va ?
Moi : Oui, bof, toi ?
l'Un : Oui, écoute [jugement positif ou négatif sur l'autre commentaire, ça n'a plus d'importance].
Moi : Okay, ben, je m'en fous.
l'Un : ??
Moi : Oui, bon, anyway. Je suis passé à autre chose, okay ?
l'Un : (Pour que ça aille du sens) : bon, ben, je vais te laisser.
Moi : Je m'en fous, je suis passé à autre chose.
l'Un : ??
Moi : Oui, je suis passé à autre chose. Je suis trop occupé par mon sentiment pour moi et pour la ville.
+ +
Honnêtement, à partir de ce moment la balle aurait été dans votre camp; j'aurais pu rien eu d'autre à dire. Je doute que ça t'intéresse, right ? Un gars qu'y'a rien à dire. Je continue.
Parce que, voilà, je regardais sans voir; pis que, précisément à cause de cette raison, je vous aurais regardé par-dessus l'épaule. Dans le vide. Dans les nuages. Dans la ville.
Pis que, voilà, j'aurais rien eu à vous dire. Mais que, voilà, ce que je ne voyais pas, c'était le monde; ce qui se dérobe à moi. Et, pour cette raison-là, ce que j'aurais à dire serait terriblement intéressant, je pense. Puisque, comme tu dis, un écrivain, ça parle de ce qu'il ne connaît pas...
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Je suis donc venu ici. Fermer le blogue, annuler un rendez-vous. (J'étais supposé aller écouter des chansons, mais sans voir, ç'aurait été chiant pour mon pote Antoine.) Il me semblait pressant de fermer le blogue. Pis je suis allé me ballader.
Dans un café, j'ai pensé : ben voilà, regarder sans voir, ça ressemble un peu à ce que je faisais au secondaire; qu'est-ce qui s'est passé après; entre hier et aujourd'hui ?
Mais voilà, y'a eu ta lettre, Christian;
qui fait écho à mon dernier courriel;
et voici comment :
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Puisque je vais fermer le blogue avec ça, je vais citer les questions exactes :
« J'aimerais que tu me dises c'est quoi un anormal; que tu me dises pourquoi il
fallait que je lâche l'université. Pourquoi tu m'avais pris sous ton aile; et
pourquoi, t'avais écrit Vamp. »
Angoissé comme paragraphe. Je reprends :)
je vais répondre à la seule question qui ait vraiment eu de l'importance dans ce e-mail, et c'est celle-ci; à savoir : « Pourquoi lâcher l'université ? » Par l'inverse (à savoir : « Pourquoi aller à l'université ? »). Et voilà la réponse que j'ai trouvée :
pour avoir la reconnaissance d'écrivain que je voulais avoir, au fond. Ce qui fait pas de sens...
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Pour citer l'anonyme Jean-François H. : « Il est sot de laisser le corps aller dans une direction, et de laisser l'esprit aller dans une autre. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est Sénèque qui le proclame. Je me garde seulement bien de le citer. » (- dans les derniers textes de mon blogue.)
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Alors, voilà...
De la chanson. C'est ce que je veux écrire, et passer ce stade, le medium, le blogue, est inutile; inexistant. Pas sous cette forme...
Et pourquoi la chanson ? Je pourrais trouver des réponses pendant quarante-cinq minutes, je l'ai fait; des raisons extrinsèques à moi.
Faque voilà. Pas besoin de blogue. Comme l'a demandé iBasta!Bast. Pas sous cette forme. Pas sous ce nom. Ce qui fait que passer ce stade, je ne suis plus dans ta? (votre) blogôsphère...
Et que, si on me cherche, on pourra me trouver...
Il y a une certaine grandeur aux criminels;
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J'Ignore cependant ce qu'il y a pour la tienne de volonté. J'ai vaguement pensé que voilà t'allais pas frapper et que t'allais pas (me) frapper (en ma) présence; puisque ç'aurait comme été te frapper toi-même... Ce que tu m'as prouvé.
Aujourd'hui, que tu le fasses, pourquoi ?
À mon avis, je ne comprendrais pas. Je ne le ressentirais pas. Pas dans mes sentiments. Ça ne voudrait pas rien dire.
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Pour toi ?? J'ai vaguement peur que tu veules me battre...
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Faque voilà, j'ai essayé de nous trouver une volonté commune. Écrire de la chanson.
Être capable ? Devrais le trouver dans quelques moi.
Ai vaguement cité : « Ton petit frère t'aimes. »
Amitiés,
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Ai vaguement voulu baiser la caissière.
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Bastien
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Master Song
(Leonard Cohen)
I believe that you heard your master singwhen I was sick in bed.I suppose that he told you everythingthat I keep locked away in my head.Your master took you travelling,well at least that's what you said.And now do you come back to bringyour prisoner wine and bread?
You met him at some temple, wherethey take your clothes at the door.He was just a numberless man in a chairwho'd just come back from the war.And you wrap up his tired face in your hairand he hands you the apple core.Then he touches your lips now so suddenly bareof all the kisses we put on some time before.
And he gave you a German Shepherd to walkwith a collar of leather and nails,and he never once made you explain or talkabout all of the little details,such as who had a word and who had a rock,and who had you through the mails.Now your love is a secret all over the block,and it never stops not even when your master fails.
And he took you up in his aeroplane,which he flew without any hands,and you cruised above the ribbons of rainthat drove the crowd from the stands.Then he killed the lights in a lonely Laneand, an ape with angel glands,erased the final wisps of painwith the music of rubber bands.
And now I hear your master sing,you kneel for him to come.His body is a golden stringthat your body is hanging from.His body is a golden string,my body has grown numb.Oh now you hear your master sing,your shirt is all undone.
And will you kneel beside this bedthat we polished so long ago,before your master chose insteadto make my bed of snow?Your eyes are wild and your knuckles are redand you're speaking far too low.No I can't make out what your master saidbefore he made you go.
Then I think you're playing far too roughfor a lady who's been to the moon;I've lain by this window long enoughto get used to an empty room.And your love is some dust in an old man's coughwho is tapping his foot to a tune,and your thighs are a ruin, you want too much,let's say you came back some time too soon.
I loved your master perfectlyI taught him all that he knew.He was starving in some deep mysterylike a man who is sure what is true.And I sent you to him with my guaranteeI could teach him something new,and I taught him how you would long for meno matter what he said no matter what you'd do.
I believe that you heard your master singwhile I was sick in bed,I'm sure that he told you everythingI must keep locked away in my head.Your master took you travelling,well at least that's what you said,And now do you come back to bringyour prisoner wine and bread?
- (Songs from Leonard Cohen, 1967.)
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FIN.

